← Journal des publications fiscalité Fin de la valeur locative : ce qui change pour les propriétaires valaisans 25.09.2026 — 4 min de lecture Un changement de système daté : période fiscale 2029 La réforme n’est pas progressive : elle bascule d’un bloc au 1er janvier 2029. Jusqu’à la période fiscale 2028 incluse, le régime actuel s’applique intégralement. Date Étape 1er janvier 2029 Entrée en vigueur aux niveaux fédéral, cantonal et communal 2026–2028 Adaptation des lois cantonales ; valeur locative et déductions actuelles maintenues 1er avril 2026 Le Conseil fédéral fixe l’entrée en vigueur (communiqué) 28 septembre 2025 Acceptation par le peuple (57,7 % de oui) et les cantons ; le Valais refuse à 60,3 % Le délai de trois ans doit permettre aux cantons d’introduire simultanément l’impôt sur les résidences secondaires et la suppression de la valeur locative. Ce qui change dès 2029 Le revenu fictif disparaît, mais les déductions qui l’accompagnaient disparaissent avec lui. Le régime des immeubles loués ou affermés reste, lui, inchangé sur le fond. Élément Jusqu’à fin 2028 Dès 2029 (usage propre) Valeur locative (résidence principale et secondaire) Imposable Supprimée Frais d’entretien Déductibles (effectifs ou forfait) Supprimés à tous les niveaux ; maintenus pour les biens loués Intérêts passifs privés Déductibles jusqu’au rendement de fortune + 50 000 CHF Déductibles seulement au prorata de l’immobilier loué en Suisse dans la fortune totale Primo-accédants — Déduction d’intérêts temporaire : max. 10 000 CHF (couple) / 5 000 CHF (personne seule) la 1re année, dégressive de 10 % par an, nulle après 10 ans Économies d’énergie, environnement, démolition Déductibles (IFD et canton) Supprimées pour l’IFD ; option cantonale, au plus tard jusqu’en 2050 Monuments historiques Déductibles Option cantonale La restriction des intérêts dépasse le logement : crédit lombard, prêts privés ou familiaux perdent aussi leur effet fiscal si le contribuable ne détient pas d’immobilier loué. Exemple : fortune investie à 25 % en immeuble locatif, 25 % en logement propre, 50 % en titres → 25 % des intérêts restent déductibles. Gagnants et perdants : tout dépend du solde du compte immeuble Le bon indicateur est le solde actuel du compte immeuble : valeur locative moins intérêts et frais d’entretien. Positif, sa suppression est un gain ; négatif, c’est une perte de déductions. Profil (valeur locative 24 000 CHF) Solde imposable aujourd’hui Dès 2029 Effet sur le revenu imposable Sans dette, entretien forfaitaire 4 800 CHF +19 200 CHF 0 − 19 200 CHF (gain) Hypothèque 600 000 CHF à 2 %, forfait 4 800 CHF +7 200 CHF 0 − 7 200 CHF (gain) Hypothèque 800 000 CHF à 2,5 %, travaux 15 000 CHF − 11 000 CHF 0 + 11 000 CHF (perte) Chiffres illustratifs, hors impôt sur la fortune et barèmes cantonaux. Les profils gagnants : retraités ayant amorti, héritiers d’un bien sans dette, propriétaires d’un bien récent sans gros travaux. Les profils perdants : jeunes acquéreurs fortement endettés au-delà de la déduction primo-accédant, propriétaires de chalets ou maisons anciennes à rénover. Selon l’AFC, la réforme pourrait même accroître les recettes fiscales à partir d’un taux hypothécaire moyen d’environ 3 %. Ce que le Valais doit encore trancher Le sort des frais d’entretien courants — ceux qui maintiennent le bien sans en augmenter la valeur — est fixé : plus déductibles pour l’usage propre dès 2029. Ce qui reste ouvert relève de la législation cantonale valaisanne, encore en chantier. Déductions énergie et environnement (isolation, pompe à chaleur, photovoltaïque) : le canton peut les maintenir au plus tard jusqu’en 2050. Le Valais ne s’est pas encore prononcé. Monuments historiques : même option cantonale, sans décision à ce jour. Impôt sur les résidences secondaires : le Conseil d’État devrait mettre son projet en consultation en novembre 2026 (Rhône FM). La suppression coûterait environ 38 millions de francs au canton et 35 millions aux communes. Biens à usage mixte (partie louée, partie occupée) : répartition des frais et intérêts à examiner au cas par cas, par exemple au prorata des surfaces. Pour un propriétaire de chalet ou d’appartement de vacances, l’économie liée à la valeur locative pourrait donc être en partie reprise par ce nouvel impôt réel. Que faire d’ici fin 2028 Les périodes fiscales 2027 et 2028 sont les dernières où l’entretien reste déductible. C’est la fenêtre à exploiter. Planifier les travaux d’entretien : factures et paiements avant le 31 décembre 2028. Répartir sur 2027 et 2028 pour limiter l’effet de progressivité et rester au-dessus du forfait. Distinguer entretien et plus-value : seul l’entretien est déductible aujourd’hui ; les investissements à plus-value restent non déductibles avant comme après 2029. Revoir la stratégie d’amortissement : sans déduction d’intérêts, l’intérêt fiscal de rester endetté disparaît. L’amortissement direct devient plus attractif, sous réserve de liquidité et de rendement alternatif. Réexaminer l’amortissement indirect via le 3e pilier : la déduction des versements demeure, mais l’intérêt de conserver une dette élevée diminue. Contrôler les autres dettes : crédit lombard, prêts privés ou familiaux perdent leur effet fiscal en l’absence d’immobilier loué. Résidences secondaires : attendre le projet valaisan avant tout arbitrage (location, vente, transmission). Faire le point sur votre situation La réforme simplifie la déclaration mais redistribue la charge fiscale entre propriétaires. Walter Finance calcule le solde de votre compte immeuble avant et après 2029, et planifie avec vous travaux, amortissement et financement sur 2027–2028. Prenez rendez-vous via walter-finance.ch. Sources Conseil fédéral, communiqué du 1er avril 2026 AFC, Imposition de la valeur locative (2026) Deloitte, abolition de la valeur locative Rhône FM, imposition des résidences secondaires À lire aussi Rachat du 3e pilier A : combler ses lacunes pour réduire ses impôts Imposition individuelle 2032 : ce qui change pour les couples mariés TVA en Suisse : une hausse de 0,5 point est envisagée dès 2028